Aux victimes du terrorisme, l'Europe reconnaissante ? Portée et limites de la Journée européenne en mémoire des victimes du terrorisme

Dossier
Par Gérôme Truc
Français

Cet article, qui se conçoit comme une contribution à l’étude des relations entre politiques mémorielles européennes et processus d’identification à l’Europe, est consacré au cas de la « Journée européenne en mémoire des victimes du terrorisme », célébrée chaque 11 mars depuis les attentats survenus à Madrid en 2004. L’adoption de cette journée de commémoration est d’abord analysée comme résultant de l’ouverture d’une « fenêtre d’opportunité » dans le contexte de « l’après 11 septembre ». Puis, l’auteur s’arrête plus particulièrement sur le rôle joué dans ce contexte par la montée en généralité au niveau européen de la cause des victimes d’ETA, relayée par des élus du Parti Populaire européen, qui permet de comprendre pourquoi cette journée semble se conformer au modèle des « morts pour la patrie ». Pourtant, les limitations de la mise en œuvre de cette journée en dehors de l’Espagne attestent du fait que ce modèle n’est pas en mesure d’être reconduit efficacement au niveau européen. Plutôt qu’un rituel commémoratif s’efforçant d’entretenir le souvenir des réactions de solidarité suscitées en Europe par les attentats de Madrid en 2004 et de renforcer ainsi l’identité collective européenne, cette journée de commémoration doit alors être considérée comme un simple instrument de politique de reconnaissance victimaire.

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