Les élections européennes de 2024 en France comme « scrutin de second ordre » ? Succès de l’extrême droite, vote sanction de l’exécutif et rôle des attitudes eurosceptiques
À partir des données de l’Enquête électorale française (ENEF) du CEVIPOF, cet article interroge la pertinence du modèle d’élection de « second ordre » pour l’analyse des élections européennes de juin 2024 en France. Les résultats invitent à relativiser l’applicabilité d’un tel modèle au regard de la forte hétérogénéité des attitudes observables dans les différents électorats. Nos résultats confirment par ailleurs que le Rassemblement National (RN) a été en mesure de capitaliser à la fois sur le rejet d’Emmanuel Macron au niveau national et sur la persistance d’une opposition à l’intégration européenne au sein de certains segments de l’électorat français. Nos analyses complémentaires montrent en particulier de quelle manière le RN a pu mobiliser sur le mécontentement à l’encontre de l’exécutif auprès d’électeurs plutôt pro-européens, tout en conservant par ailleurs sa forte assise traditionnelle parmi les électeurs les plus défavorables à l’Union européenne.
Mots-clés
- élections européennes 2024
- France
- comportement électoral
- vote
- élection de second ordre
- Rassemblement national
