Institutions et acteurs : rationalité, réflexivité et analyse de l'UE

Par Niilo Kauppi, Mikael Rask Madsen
Français

La recherche sociologique sur l’Union européenne offer une alternative indispensable aux habituelles approches de l’UE dominées par l’économie, le droit, les relations internationales et les sciences politiques. Toutefois, jusqu’à présent, cette alternative sociologique a surtout consisté en l’adaptation de la terminologie sociologique telle que «  construction sociale » ou « identité » et en l’introduction de nouveaux objets de recherche, telles que les conventions sociales réglementant la sécurité nationale ou les constructions discursives de l’Europe. Mais la sociologie fournit également les munitions intellectuelles pour une réévaluation bien plus fondamentale de certaines des presuppositions ontologiques et épistémologiques de la recherche sur l’UE, ainsi que pour une reconstruction de l’objet d’étude. Dans cet article, nous allons développer ce cadre d’analyse sociologique alternatif en explorant des notions clés telles que la rationalité et la réflexivité. À notre avis, ce sont là les outils indispensables pour expliquer ce qui reste l’une des plus grandes énigmes pour les études européennes, à savoir : comment l’Europe s’est-elle formée par l’interaction des institutions européennes et des acteurs dans le jeu de Bruxelles et à travers les frontières nationales. Ces présuppositions ontologiques et épistémologiques empêchent un grand nombre de recherches fondées sur les mêmes présupposés et les dualismes qu’ils produisent (individu-institution, socialisation-calcul stratégique, supranational-national...) de développer une description plus complexe et plus « consistante » de l’intégration européenne.

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